mardi 27 novembre 2007

Présentation de l'agent soc


Bonjour, je suis l'agent soc, espion professionnel de l'agence tous risques, j'ai passé une semaine en compagnie de ces élèves monstrueux qui m'ont fait vivre un cauchemar de temps à autres. Parfois, les nuits étaient courtes à cause des fêtards mais l'ambiance en général était agréable.
Je me suis infiltré dans ce gîte afin d'être sûr que le but de ces élèves soit atteint, c'est-à-dire "savoir vivre ensemble".
J'ai fait de nombreuses visites en leur compagnie. Celles-ci m'ont permis d'élargir mes connaissances. J'ai pu également découvrir la personnalité de chaque élève ainsi que celles des professeurs. La vie au gîte est mouvementée, trouver une cachette n'est pas de tout repos. J'ai pu piquer quelques restes des soupers délicieux qu'ils faisaient. Entre les douches prises à toutes les heures et le boucan tardif, j'ai quand même passé une bonne semaine en leur compagnie. Et si c'était à refaire, je le referais sans hésiter mais après avoir pris une bonne douche ainsi qu'une bonne nuit de sommeil.

Préparation du voyage...


Ce sont les élèves qui, lors de plusieurs conseils de classe, ont organisé leur voyage. Les professeurs ont trouvé l'endroit, c'est-à-dire le gîte " L'arbre Magique " à Wasmes-Audemetz-Briffoeil et ils ont organisé des activités pour chaque jour.

Un tableau de charge a été mis en place pour que tout le monde participe aux tâches ménagères.
Les repas du matin, midi et du soir ont été choisis en collectivité. Choix des menus, calcul des quantités nécessaires ....
Pour le midi, nous avons décidé de faire des sandwiches car nous partions tous les jours en excursion et prenions donc un repas chaud le soir.

Bien sûr, ce n'était pas si facile que cela ne le semble ! Les élèves n'étaient pas toujours d'accord avec les décisions prises. C'est là qu'il y a eu le fameux débat entre les deux classes sur le 'Papier Toilette' !!!! "Chacun prend son rouleau ou on l'achète ??"

La tension entre les deux classes, et même au sein même de la classe, était très présente les deux dernières semaines avant de partir en voyage...

Lundi : Ca y est, c'est parti !


Lundi, 8h, dans la cour du premier degré de l'I.P.E.T.

Déguisé en chauffeur de bus, j'attendais l'arrivée des élèves. Bien évidemment le voyage commençait mal. La commande des provisions s'était, semble-t-il, mal passée. Cela a eu pour conséquence qu'ils se retrouvaient avec 5 pommes plutôt qu'avec 5 kilos ? Mais je n'en attendais pas mieux de leur part !

Dans le car, ils étaient tous très agités et j'ai remarqué qu'ils ne manqueraient sûrement pas de provisions finalement (bonbons, chips, biscuits, ...). Le voyage a du leur paraître bien moins long qu'à moi.

Arrivés au gîte, j'avais fait mine d'aider à rentrer les provisions pour trouver une cachette où je pourrais dormir. Bien que j'ai été le premier à entrer, la vermine s'infiltrait de toutes parts pour envahir les lieux. Les élèves étaient partout. Ils se plaignaient déjà en essayant de définir l'odeur du gîte : un mélange de moisi, d'humidité et d'autres choses indéfinissables. J'avoue qu'ils avaient raison pour une fois !

J'avais tout visité pendant qu'ils dépliaient leurs bagages, mais il n'y avait nulle part où faire son nid sauf une vieille cave humide.
Le dénommé "Arbre Magique" avait été un couvent avant de devenir une école primaire. Au rez-de-chaussée se trouvaient la cuisine et la salle à manger. Il y avait également une grande salle vide où ils allaient sûrement tenir leurs "conseils", si on peut appeler cette foire comme tel. Aux deux premiers étages se trouvaient les chambres, sept en tout : chaque classe avait son étage : les Soc1 au premier avec les professeurs et les Soc2 au dernier. Je pouvais abandonner l'idée de dormir à l'étage. Mon ultime espoir se trouvait dehors, dans la petite cour. Il y avait une salle de spectacle. Malédiction, des élèves y étaient déjà, occupés à jouer pitoyablement Romeo et Juliette sur la scène pendant que d'autres cherchaient où la propriétaire avait caché les balles de ping-pong.

Finalement, j'allais devoir dormir dans la cave et les entendre se plaindre que les couvertures du gîte ne rentraient pas dans les housses qu'ils avaient emmenées. Je sentais que je n'aurais jamais dû accepter ce boulot !

La marche


Après m'être installé dans une cave très sombre où j'avais pour seule compagnie des araignées de toutes grandeurs, j'ai entendu un certain Monsieur Deronne annoncer une marche jusqu'à la fin de la journée.

J'ai attendu que tout le monde soit parti pour pouvoir les suivre. Au bout de quelque temps, ils se sont arrêtés pour manger leur déjeuner sur "le pont des Imbéciles", ainsi nommé parce qu'il aurait été construit au mauvais endroit. J'ai profité de cette pause pour manger un morceau tout en les surveillant, posté derrière un buisson.

Ils sont ensuite repartis pour marcher "quelques petits kilomètres encore", c'est du moins ce qu'avaient annoncé certains professeurs. Arrivés sous un pont, j'ai entendu des élèves hurler... Monsieur Deronne, encore lui, a expliqué qu'il s'agissait d'un phénomène normal, certaines personnes éprouvaient le besoin de crier pour se rassurer quand elles se trouvaient dans des endroits sombres.

Lorsque nous sommes enfin arrivés au gîte, je me suis couché tout de suite, ni les élèves, ni moi, ne nous attendions à parcourir autant de kilomètres dès le premier jour.

Le sociogramme et le conseil

Le jour de leur arrivée, les élèves ont dû faire un test : le sociogramme. Monsieur Deronne, leur a expliqué que le but de cet exercice était de voir comment on était perçu par les autres élèves de sa classe. Pour cela, chacun a dû répondre à une série de questions posées sur chaque individu de sa classe. J'ai pu constater que les résultats étaient décevants pour la plupart d'entre eux. Beaucoup râlaient et, bien sûr, voulaient savoir qui leur avait mis un avis négatif. En même temps, je peux les comprendre, se faire juger par des gens que vous connaissez depuis un mois à peine, c'est un peu du n'importe quoi. Mais, ces chers petits élèves s'en sont vite remis et, d'après ce que j'ai pu tirer comme informations en tendant l'oreille, ils en ont conclu que "l'avis des autres, on s'en fiche pas mal ! "


Après avoir observé le test, j'ai pu assister discrètement à leur tout premier conseil réunissant les deux classes.
Et croyez-moi, ce ne fut pas triste... D'après ce dont je me souviens, car il y en a tellement eu de ces conseils, et puis, pour moi, ils se ressemblent tous, il y avait un brouhaha pas possible.
On voyait bien qu'ils n'avaient pas l'habitude de tenir des conseils composés d'une cinquantaine de personnes. Ils ont discuté de leur première journée, de leurs impressions sur le gîte, se sont mis d'accord sur quelques points, comme notamment l'organisation des repas, les tâches... Enfin, dans l'ensemble, ça s'est bien passé et j'ai pu constater que les conseils se sont améliorés au fil des jours.

Mardi : nuit agitée/ réveil mouvementé


Il est passé minuit et ces fous font encore du bruit. J'entends que ça crie, ça rit, ça chante. Je n'en peux plus, j'ai tellement sommeil. Certaines filles réclament le silence mais en vain. Comment font-ils ?? J'espère qu'ils ne sont pas insomniaques, sinon je ne tiendrai jamais. Des va-et-vient se font entendre dans les couloirs, les deux dortoirs sont en crise. Caché dans un coin sombre, je suis replié sur moi-même. J'enfouis ma tête dans mes jambes et tente de récupérer mes esprits.
3h30, plus un bruit, enfin le silence est arrivé. Je vais pouvoir me reposer.
6h30 ! Musique ! Je me réveille en sursaut, un groupe mécontent du bruit de la veille, tente de se venger.
Le bruit revient, les cris, les va-et-vient, la journée vient de commencer et tous s'activent à leur manière. Ça râle, ça rit, les individus sont plus laids les uns que les autres, ce n'est qu'au déjeuner qu'ils retrouvent leur état naturel.

Les activités dans Péruwelz


  1. J'ai suivi ces socs jusqu'à cette ville, Péruwelz, un mélange de PIERRE et de PONT DE GUET ce que prétendait ce vieux villageois !
    Cette ville est, à ce qui se raconte, une ville inondée, c'est pour cela que les vallées et les maisons sont surélevées, mais malgré cela, il y avait de l'eau qui arrivait quand même, ce qui formait des étangs et des fontaines, c'est aussi une ville riche par ses industries de laine et autres !
    Nous nous trouvions sur la place de la Foire aux Cochons !! :)

    LE LANGAGE TOUT CUIT!

    Là, à Péruwelz, les élèves ont fait un jeu trop rigolo, ils ont espionné les villageois et ont noté toutes les phrases et réflexions des personnes, après avoir récolté cela, ils ont dû faire un texte en relation avec un titre de leur choix !! :)
    Cette mission a donné de belles choses, des textes marrants, que je lisais en cachette lorsque les professeurs avaient le dos tourné !

    MUSÉE DU CUIR

    Après ce petit jeu, les élèves sont allés visiter "le musée du cuir", animé par notre petit vieux de tantôt qui était assez marrant.
    Là, ils ont appris plein de nouvelles choses, par exemple : qu'il faut 48 heures pour faire une paire de chaussures, qu'avant que la peau devienne cuir, elle doit passer par plusieurs étapes avant d'aller à la tannerie, qu'on peut faire différents découpages pour donner la forme qu'on veut au cuir, ...
    En résumé, les étapes primordiales pour fabriquer le cuir sont : 1. tanner, 2. découper, 3. imprimer, et pour finir 4. assembler.
    Ensuite, les élèves ont été fascinés par les fourrures que l'homme a fait circuler de mains en mains.

    Avant de partir, les élèves et moi-même avons été stupéfaits par l'histoire "du géant de Péruwelz", cet homme, appelé "Atlas" dans son village, mesurait 2m35 pour 240kg!!! Oo
    Il était marié et est décédé à l'âge de 54 ans !!!

    Après cette folle journée, j'étais fatigué et affamé, je n'avais plus qu'à attendre que le souper soit prêt, en attendant, chut... je suis allé me reposer dans ma cachette !!! :)

La Poudrière


Caché dans un sac à dos, je me laisse porter à travers le village. J'ai entendu quelques individus parler d'une visite. Certains disent que c'est une secte, d'autres une simple communauté. Je préfère vérifier par moi-même. Arrivé sur les lieux, le troupeau est divisé en 2. Zut, je ne pourrai pas tous les surveiller. De toute façon, je ne peux pas me montrer, je vais rester das le sac et suivre ce groupe. Un homme s'adresse au groupe, il explique la fonction du bâtiment. Une secte ? Pff ridicule ! La visite me semble longue, nous voilà dans une sorte de magasin. Les élèves, comme les professeurs, écoutent l'homme qui nous explique l'organisation de cette communauté. Tout le monde y est accepté, et en échange d'un logement et d'une nourriture gratuits, les personnes sont obligées de travailler dans l'organisation, la réparation, ... Tous ces objets sont ensuite vendus à des prix plus bas que la moyenne. Les invendus sont donnés à des organisations tel que "Terre". Après de longues explications, élèves et professeurs on pu boire un délicieux jus de pomme pressé main. Malheureusement, je ne pouvais aller en chercher. Quelques minutes plus tard, le car arriva...

Le grand conseil


Ce conseil était un des plus difficiles car les deux classes de sciences sociales y étaient réunies. Il y avait beaucoup d'avis différents à entendre et à prendre en compte. Un nouveau système à alors été mis en place : le grand conseil. Dans les deux classes, les élèves devaient choisir un partenaire et, chacun à leur tour, ils iraient au grand conseil (un jour sur deux).
Les points du jour étaient nombreux ce jour-là et il y a eu le grand débat du choix entre les pittas et le vol-au-vent. "Les pittas c'est gras et plus cher, mais c'est meilleur !" Après un long débat, les pittas ont gagné !
mmh .... très bon choix !

Mercredi : Le musée des Beaux-Arts


Bonjour. Ce mercredi, je suis arrivé, en compagnie de ces élèves turbulents, à Tournai !
Et moi, l'agent soc, je vais découvrir un endroit que je n'ai encore jamais vu. Je vais entrer dans cet énorme bâtiment, le musée des Beaux-Arts.
D'après l'histoire, c'est Victor Horta qui, vers 1903, a lancé l'idée de créer un musée où l'on mettrait des collections de legs (des dons) en évidence. Vous vous rendez compte ! Et pour avoir tous ces dons, Victor eut un heureux mécène, Henri Van Cutsem qui voulait l'aider dans son projet fantastique !
En 1904, Henri Van Cutsem décède, il va donc léguer le premier plan de construction à Charlier (le sculpteur) et celui-ci va le léguer à son tour au musée.
Quelle histoire, les élèves ont de la chance de visiter cette merveille, mais attention, l'histoire n'est pas finie !!
Nous sommes toujours à l'époque du surréalisme, ce musée fait partie de l'art nouveau, les plans du musée ne vont pas arrêter de changer de 1907 jusqu'en 1913 et Tournai accepte ces plans !
Les travaux sont malheureusement interrompus en 1914 à cause de la guerre, et sont repris 10 ans après.
En 1927, c'est enfin son inauguration !
J'ai pu remarquer, en entrant, que le musée était particulier, c'est le seul édifice conçu par le Belge, Victor Horta, car, avant, il ne faisait que des maisons !
A l'intérieur du musée, j'ai pu constater qu'il y avait une sécurité infaillible ! D'ailleurs, les appareils photos étaient interdits.
J'ai pu voir des sculptures, différents motifs, des colonnes et de belles peintures !

Dans le musée, j'ai bien rigolé, car les élèves ont dû faire deux exercices plutôt amusants ; le premier, ils devaient tirer au sort une couleur et chercher une peinture où cette couleur était la plus dominante. Ensuite, après l'avoir trouvée, ils devaient décrire la peinture à leur partenaire qui avait le dos tourné à celle-ci, le partenaire s'imaginait quelque chose, et lorsqu'il se retournait, il découvrait que ce qu'il avait imaginé était tout à fait différent !
Le deuxième exercice consistait à trouver, dans la galerie, le tableau qui les attirait le plus.
Ils devaient décrire brièvement le tableau choisi, ainsi que faire part de leurs sentiments sur cette oeuvre à leurs camarades.

Notamment: "Le Fumeur" de H. Desmeth (la peinture préférée d'Anaïs)
Cette peinture m'a interpellée car elle décrivait un homme posé sur une chaise, le regard perdu dans l'oeuvre qu'il vient ou va faire. La peinture qu'il regarde nous est cachée, ce qui nous permet d'imaginer ce qu'elle représente.
Cet homme fume un cigare en profitant du temps, en profitant de la vie !

Maintenant , c'est au tour de Melody de présenter son tableau , elle a choisi "Brouillard d'Argent" d'Anna De Weart. Je suis plutôt d'accord avec elle, ce tableau est un des seuls illuminé par de belles couleurs vivantes. Je distingue bien que c'est une peinture et non une photo, contrairement à d'autres plus ambiguës. Le courant artistique de ce tableau est l'impressionnisme.

Musée des Beaux Arts : présentations de tableaux

Une des élèves, Laura, avait décidé de ne pas faire comme les autres. Elle affirmait qu'elle aimait bien moins les tableaux que les sculptures antiques. Elle avait choisi une oeuvre d'Aimable Dutrieux, nommée La Bacchante. Cette sculpture avait, en effet, un petit air d'Antiquité. De plus, mes quelques notions d'histoire de l'art me permettent d'ajouter que les bacchantes étaient bien liées à la mythologie car ces femmes célébraient les mystères de Dionysos. C'était une jeune femme dénudée, couchée sur le côté, tenant une grappe de raisins à la main. Cette sculpture était en marbre, cette matière si lisse et si blanche qui donnait de la pureté à cette jeune femme. Elle avait quelques rondeurs et le tissu, qui ne cachait pas grand chose d'elle, était sculpté en drapé. On voyait donc très clairement que cette statue était sûrement inspirée de l'époque classique ou hellénistique. Bien qu'il n'y ait eu qu'une statue de matière froide, on voyait tout un paysage en la regardant avec son petit sourire mesquin. On y imaginait la Grèce, son soleil, ses monuments et tant d'autres choses si belles et si agréables.

Me voilà face au tableau qu'a choisi Virginie. Il s'appelle "La Peste à Tournai" et son auteur est Louis Gallait. Ce tableau est immense ! Mon dieu, c'est affreux, un mélange de mélancolie, de passion, de calme et d'horreur. On voit la frayeur s'afficher sur chaque visage. Aussi bien les nobles, les pauvres que les animaux. Tous sont égaux face à la mort alors que certains prient le Seigneur de les épargner. Oh, le groupe se déplace vers une nouvelle présentation.




"Petit Maître Dort"

Pauline a choisi ce tableau car, parmi ceux qu'elle a pu voir, c'est celui qui était le plus coloré sans pour autant exprimer de la joie. Tous les autres tableaux étaient plus tristes, peut-être à cause de leur couleurs foncées.

Elle imagine que ce tableau représente la vie d'une femme de couleur, vivant dans un somptueux palais qui brille grâce aux couleurs de l'or. Elle vit au palais parce qu'elle la servante d'une jeune fille, elle semble surveiller le sommeil d'un enfant. Dans son regard, on peut lire de la tristesse, mais pas de regrets."

Musée des Beaux-Arts : Présentations de tableaux

Trois élèves avaient choisi le même tableau :

"La Parque" d'Auguste Levêque (1866-1921)

Selon Alix, ce tableau fait peur mais attire aussi. C'est vrai que, comme elle le dit, notre regard reste accroché sur cette peinture .
On y voit une assez vieille dame à la peau très foncée comme si elle était très sale. Elle ne donne pas l'impression d'être tout à fait humaine. Tout autour d'elle, on voit différentes scènes de la vie. Plus on s'éloigne de la vieille femme, plus les couleurs sont claires. Je pense qu'elle représente la mort, celle qui coupe le fil de la vie. On voit d'ailleurs qu'elle tient une pelote de laine entre ses mains qui est, selon Alix, la représentation du monde. Dans son dos, dans le fond de la toile, on aperçoit une roue qui tourne, cette élève pense qu'elle représente le temps qui passe.


Vu par Emilie, "c'est une femme mince, de couleur noire, au milieu de femmes enveloppées et blanches". Pour elle, cela représente "le rejet, le racisme, ... La non-acception des gens différents".

Adeline, quant à elle, a choisi ce tableau car il se démarque des autres de par ce qu'il représente. Les couleurs ne sont ni des plus belles, ni des plus joyeuses mais le dessin l'interpelle et la pousse à se poser une série de questions sur sa signification. En premier lieu, elle y voit la mort. Elle voit cette femme qui se positionne au centre du tableau, immobile, repliée sur elle-même, elle présente une peau noire et un corps squelettique. Est-ce un monstre ? Est-ce une porte-parole ? Elle se le demande... Elle a l'impression qu'elle vient annoncer la mort autour d'elle aux personnes qui sont heureuses, différentes d'elle. Elle pense que cette femme est mise en évidence par sa différence de couleur de peau. Elle a la peau noire, les autres l'ont blanche. Elle est mince, ils sont ronds. Elle est seule, ils sont ensemble, ils sont unis, ils sont en osmose.
Par rapport à cet exercice, je trouve qu'il est assez intéressant car on peut s'exprimer autrement, c'est à dire, à travers une oeuvre. Ça nous rappelle ce qu'on aime dans l'art et nous pousse à réfléchir aussi quelque part, sur ce qu'on ressent. C'est agréable d'avoir pu le faire partager. On commence à voir ce que les gens préfèrent, ce qu'ils aiment et comment ils ressentent tout cela.

Le Beffroi de Tournai

Aaaaah !! Enfin nous allons pouvoir être à l'abri de cette pluie ! Le groupe que j'ai suivi sur le temps de midi n'a pas trouvé mieux que de manger dehors sous la pluie ! L'eau des douches au gîte serait-elle hors service ???
Je vais pouvoir me sécher dans le Beffroi .
Oulala !! Que c'est haut, que de marches à monter et à descendre par la suite et cela sans me faire repérer.
Une heure plus tard, j'en suis enfin descendu, je ne suis pas déçu de mon effort, même si mon vertige a bien failli me faire renoncer à ma filature. J'ai pu y admirer une vue magnifique. Dommage que M. Nisolle n'ait pas pu l'admirer en ma compagnie ... Eh oui, vous l'avez deviné, le vertige, sans doute, l'a gardé à ses côtés ...

Cathédrale de Notre Dame et le Conseil

Quand je suis enfin arrivé en bas des marches du Beffroi, les élèves étaient déjà tous partis. Il faut dire que je ne suis plus tout jeune. Heureusement il n'a pas été bien difficile de les retrouver dans Tournai car ils avaient les jambes engourdies et avançaient lentement. J'ai compris qu'ils se dirigeaient vers un nouveau monument, la Cathédrale Notre-Dame. C'est un choix judicieux qu'ont pris leurs professeurs car elle fait partie du patrimoine belge. En effet, lorsqu'ils sont entrés, ils ont reçu un questionnaire de M. Nisolle. Pour le remplir, ils ont lu des fascicules et des panneaux relatifs à la cathédrale. Une charmante dame s'est aussi fait un plaisir de les aider. J'ai appris avec eux qu'il y avait, sous la cathédrale, des vestiges d'églises et de cimetières antérieurs à la construction de Notre-Dame. L'UNESCO a fait protéger et fouiller le site car on y a découvert la tombe de Baudouin Ier, un évêque originaire de Tournai.
Quand nous sommes enfin sortis, je n'étais pas mécontent car il faisait glacial à l'intérieur. Une fois dehors, il faisait tout aussi froid car il y avait beaucoup de vent. Les élèves attendaient le bus car même à Tournai, les bus sont constamment en retard. Moi, je m'étais réfugié bien au chaud dans un taxi et je jubilais de les voir si frigorifiés .

Une fois rentrés au gîte, c'est reparti pour un conseil !! Les points à l'ordre du jour sont : les douches sales, le besoin de volontaires pour soulager ceux qui sont responsables de grosses tâches et, bien évidemment, les questionnaires de M. Nisolle. Je remarque que ce dernier point suscite toujours un petit sourire au coin des lèvres de chaque élève. Je dois dire que je me suis presque endormi à ce conseil tant il était calme !

Jeudi : le défi



Jeudi, c'est le jour où les professeurs ont lancé un défi aux élèves. Quel était ce défi ? Il tenait en un seul mot : MARCHER !

Les élèves se sont donc répartis en groupes de sept et ont ensuite choisi le nombre de kilomètres qu'ils allaient parcourir au cours de la journée. Ils avaient le choix entre 12,16 et 20 km (je ne sais pas pourquoi mais personne n'a choisi les 16 km). Chaque groupe s'est ensuite présenté devant M. Nisolle et Mme Maron pour recevoir son itinéraire.

N'étant pas magicien, je ne pouvais suivre tous les groupes en même temps, j'ai donc opté pour un groupe de filles qui avaient l'air d'avoir un bon sens de l'orientation. Cette équipe se composait de Laura, Melody, Audrey, Bettina, Adeline et Pauline. Au premier carrefour, elles ont été prises d'un doute, quel chemin suivre ? Des ouvriers communaux travaillaient le long de la route, elles leur demandèrent leur chemin, mais ces hommes les envoyèrent dans la direction opposée à celle qu'elles devaient prendre. J'aurais bien voulu intervenir mais j'aurais alors risqué d'être découvert, je me suis donc tu. Zut ! Moi qui pensais avoir choisi des "pros de la route", c'était foutu, nous allions voir plus de paysage que prévu...

Arrivées à la première ville, elles furent stupéfaites de voir que le nom figurant sur le panneau indicateur ne correspondait pas à celui de leur carte. Demi-tour ... c'est à ce moment-là qu'un des membres de l'équipe eut la "bonne idée" de couper à travers champs ... des champs composés de boue, de boue et de boue encore ... pas le moindre brin d'herbe sèche ! Les suivre fut pénible et j'ai manqué plusieurs fois de tomber mais nous avons heureusement rejoint la bonne route.

Une première pause fut décidée au bout de 5 kilomètres. Un peu plus loin sur la route, elles croisèrent les ouvriers qui les avaient "si gentiment" mal renseignées, ils étaient en voiture et riaient dans leur barbe, les filles étaient vraiment fâchées.

La pause suivante fut celle du déjeuner, elles firent halte près de la Cathédrale Notre-Dame du Bon Secours et projetèrent de visiter l'édifice. Le prix de la visite était fort cher, elles partirent donc acheter un paquet de frites qu'elles dégustèrent assises sur un muret du parc, non loin du Musée du Cuir de Péruwelz. J'ai, moi aussi, profité de cette halte pour manger dans un café en gardant toujours un oeil sur la troupe.

Les filles se remirent en route et entamèrent les huit derniers kilomètres. Elles commencèrent à chanter et à danser sur les musiques d'un de leurs téléphones portables. C'est au rythme de "Oh, les filles", une de leur chansons préférées, qu'elles arrivèrent au gîte ... bonnes dernières mais pleines d'entrain et de bonne humeur!

Conseil et anniversaire de Sophie

Jeudi, comme nous le savons tous, les élèves ont fait une marche défi. Cette marche a été le sujet de conversation principal lors du conseil. Ils ont discuté de ce qu'ils avaient fait, de l'égarement du bon chemin à suivre, des difficultés qu'ils avaient eu à tout faire, de l'ambiance au sein du groupe... Dans l'ensemble, les avis étaient positifs sauf pour quelques uns qui n'aiment pas spécialement la marche, mais, bon, je peux les comprendre puisque, moi non plus, ce n'est pas ma tasse de thé... Le deuxième point à l'ordre du jour fut l'organisation du lendemain : comment allaient-ils faire pour les tâches ? Car forcément il y en aurait plus à faire le dernier jour. Vers quelle heure tout devait-il être terminé ? Je dois dire que ces questions se sont vite réglées car les conseils étaient de mieux en mieux gérés. Je leur tire mon chapeau!
Au soir, c'était la veille de l'anniversaire de Sophie, une de leurs camarades de classe, et bien sûr, ils ne se sont pas gênés pour le fêter. L'ambiance était géniale, mais bon, je devais faire attention, car essayer de se faire le plus petit possible quand il y a du monde dans tous les coins, ce n'est pas de tout repos. Dire que le voyage touche à sa fin, ce fut une belle expérience quand même. En ce moment, je ne fais que changer de cachette, c'est insoutenable. Prendre des notes, encore et encore. Oh mais que se passe-t-il ? J'entends des pas qui arrivent dans ma direction ...

Désormais, c'est nous, les élèves, qui prenons les choses en main ! Et oui, nous avons trouvé votre espion qui fouinait depuis le début du voyage. Ça faisait déjà un petit moment que nous l'avions repéré, depuis le début de la fête à vrai dire. Nous nous adressons donc à vous, ses supérieurs, pour vous dire qu'une fois que nous avons trouvé votre agent, nous l'avons bâillonné et enfermé dans une pièce sombre. A vous de trouver laquelle ! Après tout, il n'a que ce qu'il mérite!

Vendredi : nettoyage et petite vente entre soc


Jour de départ, tout le monde était vraiment fatigué mais il fallait quand même faire le rangement du gîte. La veille, tout le monde avait dû s'inscrire sur une feuille de tâches que les professeurs avaient concoctée un peu avant.

Certains devaient nettoyer toutes les toilettes, d'autres devaient passer l'aspirateur, etc.
M. Nisolle était particulièrement énervé ce jour-là, il faut dire que la propriétaire venait tout vérifier à 10h30 ....


Une fois tout le gîte rangé comme au premier jour (ou presque), Mme Buchet a appelé tout le monde dans la salle où nous avions tenu les conseils journaliers. Notre professeur de français et d'histoire était là, devant un chariot rempli de tous les restes de nourriture qui n'avaient pas été mangés durant le séjour. Tout le monde voulait lever la main en premier afin d'obtenir le produit qu'il souhaitait à un prix d'or ! Le choco et le cacao étant, bien évidemment, la denrée la plus demandée ...

La brasserie Dubuisson


Après les vérifications, nous sommes tous grimpés dans le bus. Le temps de dire au revoir au gîte et nous filions déjà en direction de la brasserie Dubuisson. Elle a inventé la bière Bush et la cuvée des Trolls que nous connaissons tous... Nous avons d'abord visionné un petit film de 12 minutes retraçant l'historique de la brasserie, puis nous sommes passés à la visite de l'établissement, voyant ainsi tout le trajet de la bière Bush ou Trolls, avant leur arrivée dans nos magasins. Pour finir, nous avons eu droit à une dégustation des bières! Après un court temps de midi, nous sommes tous montés dans le bus et la fatigue a repris le dessus. La quasi-totalité des élèves ont dormi comme des bébés jusqu'à l'arrivée, à Nivelles.

Le mot de la fin ...



Quand nous avons ouvert les yeux... Horreur! Désarroi! Nous étions arrivés à l'école. Mais il faut dire qu'on était tellement fatigués que nos dernières forces nous servaient à imaginer un bain bien chaud et notre lit tout douillet.
Nous pouvons dire que ce voyage nous a servi autant d'un point de vue social que culturel. Nous nous sommes tous rapprochés et fomons maintenant un groupe unique avec les Soc2: fin des hostilités

Les professeurs, n'intervenant jamais dans nos petits problèmes au quotidien (par exemple le fait que les douches étaient sales ou bien le maintenant célèbre Papier Toilette), nous ont poussés à régler nos problèmes nous-mêmes. Cela nous a été bénéfique car nous apprenions à nous débrouiller en société. Nous les remercions également pour les visites que nous avons fait et qui étaient très intéressesantes.

Nous les avons aussi découvert sous un autre jour :

M. Nisolle, notre mascottes, aux habitudes étranges. Nous avons découvert qu'il correspondait à un artiste contemporain mais dans le domaine culinaire. En effet, voici un exemple de ces recettes : les bananes sucrées au sirop de menthe! Et pour cuisiner les mains propres, cet artiste utilise du "pousse-pousse-mousse" connu dans notre monde sous le nom de "savon".

M. Deronne, lui, qui croyait perdre quelques kilos avec notre cuisine immangeable, a bien dû reconnaitre qu'il a bien mangé. Eh non, il n'a pas perdu un gramme !

Malheureusement, Mme Maron et Mme Buchet ont su se faire plus discrètes. Nous avons quand même pu remarquer une certaine complicité entre elles. Nous pensons d'ailleurs qu'elles étaient dans le coup avec l'agent Soc !

En conclusion, ce voyage est un très bon souvenir pour tout le monde. Et nous espérons que l'agent Soc ne se sent pas trop seul au gîte...